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Le pouvoir disciplinaire de l'employeur
Outre un pouvoir général
de direction tant au niveau
économique
qu'organisationnel,
l'employeur exerce sur son
exploitation un pouvoir
disciplinaire réglementé par
le Code du travail.
QUELLES
SONT LES TYPES DE FAUTES ?
L'employeur qui retient une
faute à l'encontre de son
salarié, doit en estimer la
gravité. Il existe plusieurs
degrés de faute :
- La faute légère qui ne
peut pas justifier un
licenciement. Elle peut
éventuellement entraîner
une sanction de moindre
importance.
- La faute sérieuse qui
peut justifier un
licenciement, sans rendre
impossible, pendant la
durée du préavis, le
maintien du salarié dans
l'entreprise.
- La faute grave qui rend
impossible le maintien du
salarié dans
l'entreprise. Le salarié
ne peut pas effectuer son
préavis et n'a pas droit
à une indemnité de
licenciement.
- La faute lourde qui
suppose de la part du
salarié une intention de
nuire à l'entreprise.
Elle rend impossible le
maintien du salarié dans
l'entreprise et le prive
de toute indemnité, y
compris de l'indemnité
compensatrice de congés
payés.
QU'EST-CE
QU'UNE SANCTION ?
La sanction est une mesure,
autre que les observations
verbales, prise par
l'employeur à l'encontre d'un
salarié considéré comme
fautif, que cette mesure soit
de nature à affecter
immédiatement ou non la
présence du salarié dans
l'entreprise, sa fonction, sa
carrière ou sa
rémunération. Des faits
déjà sanctionnés ne peuvent
faire l'objet d'une nouvelle
sanction si aucun élément
nouveau n'est constaté par
l'employeur. Par contre, la
première sanction peut
constituer un élément
aggravant dans le cas où le
salarié réitère son
comportement fautif.
EXISTE-T-IL
UNE ÉCHELLE DES SANCTIONS ?
Les sanctions suivantes
sont les plus répandues
:
- Avertissement ou
blâme
- Mise à pied :
suspension temporaire du
contrat de travail qui
entraîne, pour le
salarié, l'interdiction
d'exercer ses fonctions et
perte corrélative du
salaire.
Cette mise à pied peut
être faite à titre
conservatoire,
parallèlement à
l'accomplissement d'une
procédure disciplinaire.
Cette mesure provisoire
permet à l'employeur,
lorsque les agissements du
salarié le justifient,
d'écarter ce dernier de
l'entreprise pendant la
durée de la procédure et
jusqu'au prononcé de la
décision.
- Mutation
- Rétrogradation (avec
changement de poste)
- Licenciement
Y-A-T-IL
UNE PROCEDURE PARTICULIERE
POUR APPLIQUER UNE SANCTION ?
Une procédure
disciplinaire peut être
lancée, dans un délai de
deux mois à compter du
constat de la faute.
Cette procédure comporte
deux phases : un entretien
préalable, puis la
notification de la faute, sauf
si la sanction est un
avertissement.
- L'employeur doit dans un
premier temps convoquer le
salarié pour un entretien
en lui adressant un
courrier recommandé avec
accusé de réception, ou
en procédant à une
remise en main propre
contre décharge. La
convocation doit indiquer
l'objet, la date, l'heure
et le lieu de l'entretien
ainsi qu'une mention
indiquant qu'il peut se
faire assister. (Il ne
peut s'agir d'un
conseiller extérieur, à
l'exception d'un
délégué syndical inter-
entreprise voir fiche
"La
convention collective").
Au cours de l'entretien,
l'employeur doit indiquer
au salarié le motif de la
sanction envisagée et
recueillir les
explications de ce
dernier.
- L'employeur doit
notifier sa décision au
salarié au plus tôt deux jours ouvrés au plus tard
un mois après
l'entretien, par écrit,
en motivant sa décision.
La loi n'a fixé aucun
délai pour l'exécution de la
sanction. Par ailleurs une
mesure permanente d'amnistie
est prévue pour toutes les
sanctions qui sont
antérieures de plus de 3 ans
à l'engagement de poursuites
disciplinaires. Elles ne
peuvent être invoquées à
l'appui d'une nouvelle
sanction (par exemple
licenciement).
EST-IL
POSSIBLE D'INFLIGER TOUTES
SORTES DE SANCTIONS ?
Non. Les sanctions
pécuniaires et
discriminatoires sont
interdites.
On entend par sanction
pécuniaire toute retenue sur
salaire en raison d'une faute
du salarié ou d'une
exécution volontairement
défectueuse de sa prestation
de travail. La rétrogradation
est permise si la diminution
de salaire est accompagnée
d'un changement de poste.
Les sanctions
discriminatoires sont les
sanctions infligées en raison
de l'origine, du sexe, de la
situation familiale, d'une
appartenance à une ethnie,
une nation ou une race, des
opinions politiques, des mœurs,
des activités syndicales ou
mutualistes, des convictions
religieuses, ou en raison du
handicap ou de l'état de
santé du salarié.
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En cas de casse de
matériel résultant
d'un comportement
fautif d'un salarié,
l'employeur ne peut
faire des retenues sur
salaire pour
rembourser les
réparations. Par
contre, il peut, le
cas échéant, prendre
un sanction
disciplinaire.
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QUEL
RECOURS POUR LE SALARIE OU L'EMPLOYEUR
EN CAS DE LITIGE ?
Les différents individuels
entre salarié et employeur
qui peuvent s'élever à
l'occasion du contrat de
travail relèvent de la
compétence du conseil de
prud'hommes. Les parties
disposent d'un délai de 5 ans
pour saisir le conseil de
prud'hommes (prescription
quinquennale).
QU'EST
CE QUE LE CONSEIL DE PRUD'HOMMES
?
Les conseils de prud'hommes
sont chargés de concilier et
de juger les litiges
individuels s'élevant à
l'occasion de l'exécution
et/ou de la rupture du contrat
de travail.
Chaque conseil est composé
d'un nombre égal de
représentants élus pour cinq
ans par les employeurs et par
les salariés présentés par
les organisation syndicales.
Il sont divisés en cinq
sections : encadrement,
agriculture, industrie,
commerces et services
commerciaux, activités
diverses. L'activité
principale de l'entreprise
détermine l'appartenance des
salariés aux différentes
sections, toutefois les cadres
agricoles relèvent de la
section d'encadrement.
QUELLE
PROCEDURE SUIVRE POUR SAISIR
LE CONSEIL DE PRUD'HOMMES ?
Pour saisir le conseil de
prud'hommes, l'employeur ou le
salarié doit formuler sa
demande auprès du
secrétariat du conseil,
verbalement ou par courrier
recommandé. En retour, le
secrétariat envoie un
récépissé au demandeur,
puis l'avise des lieu, jour et
heure de la séance du bureau
de conciliation. La partie
adverse est également
convoquée.
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Avant de saisir le
conseil de
prud'hommes, il est
conseillé aux parties
de prendre conseil
auprès de leur
organisation
syndicale, d'un
conseil juridique ou
d'un avocat.
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La procédure se poursuit
en deux phases : la
conciliation et le jugement.
La tentative de
conciliation est obligatoire.
Son absence entraînerait
l'annulation de la procédure.
A l'issue de cette rencontre,
une conciliation totale ou
partielle peut être
prononcée. En cas d'échec,
les parties sont convoquées
pour une audience de jugement.
Tout au long de cette
procédure, l'employeur et le
salarié peuvent se faire
assister par leur conseiller.
Actuellement,
dans le département de
la Vienne, pour la
section agricole les
délais, pour un dossier
simple sont les suivants
:
- entre
le dépôt de la
demande (dossier
complet) auprès du
Conseil et la
séance du bureau de
conciliation :
environ un
mois.
- entre
la séance du bureau
de conciliation et
"l'audience de
jugement" :
environ 2
mois.
- entre
l'audience de
jugement et le
prononcé dudit
jugement : environ 1
mois.
Par ailleurs,
en cas d'appel, un
délai supplémentaire
de 10 à 12 mois est à
rajouter.
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UNE
AIDE FINANCIERE EST-ELLE
POSSIBLE ?
Oui, il s'agit de l'aide
juridictionnelle qui permet
aux personnes qui n'ont pas de
ressources suffisantes, de
faire valoir leurs droits en
justice, sans faire l'avance
des frais de procédure, ni
des honoraires
d'avocats.
Aide juridictionnelle plafond au 01/01/2005
Cette
aide est soumise à des conditions de ressources perçues au cours de l'année
civile qui précède la demande, sans tenir compte des prestations sociales.
- Ce
plafond est de 844 € mensuel à compter du 1er janvier 2005 pour
bénéficier de l'aide juridictionnelle totale.
- Il
est de 1 265 € pour une aide juridictionnelle partielle.
- Il
est majoré de 125 € pour chacune des 2 premières personnes à charge et
de 96 € pour chacune des personnes suivantes.
Pour plus de renseignements
s'adresser au bureau d'aide
juridictionnelle :
Palais de Justice
86020 Poitiers cedex
Tél. : 05 49 50 22 55
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